Choc! Rencontre avec Christophe Le Saux

C’est en pleine jungle, que subitement, je suis tombé nez à nez avec Christophe Le Saux. Bien que nous fûmes au cœur d’un secteur bien connu, abritant un bon nombre d’espèces  très appréciées  des traileurs, dont le fameux : « camelbaccus » vulgairement connu sous le nom de camelback. La situation me parut insolite. Vous me direz Christophe Le  Saux en pleine jungle, rien de surprenant. Mais là, à des milliers de kilométre de la Guyane, au beau milieu du boulevard Saint Germain, en pleine jungle urbaine,  je devais intervenir.

J’engageais la conversation, et la situation s’éclaircît. L’homme, frais et dispo, tout juste arrivé de l’Eco Trail de Paris, faisait ses emplettes en vu de son départ quelques jours plus tard, au Marathon des Sables. Et la récup Christophe?  Visiblement ce mot ne figurait pas à son vocabulaire. Intrigué et surpris par sa disponibilité,  j’improvisais une interview Expertrail, autour d’un déjeuner.

Expertrail: « Christophe tu fais parti du team Hoka international, quel est ton modèle préféré ?

CL: J’utilise principalement la Bondi.

ET: Y a t il une particularité chez Hoka ?

CL: La particularité de cette chaussure est le look, quand on l’a au pied on a l’impression de venir d’une autre planète.

Elle a un amorti extraordinaire si bien que dans les descentes on a la sensation de voler.

ET: Comment choisis tu une chaussure ?

CL: Je choisi une chaussure par rapport à la distance et le profil des compétitions que je vais faire.

ET: Comment gères tu l’usure ? 

CL: Je ne cours jamais avec la même paire 2 jours de suite, afin d’avoir toujours un bon amorti lors de mes sorties, pour  préserver mon  dos et mes articulations. Je change mes chaussures quand je sens que l’amorti n’est plus efficace.

ET: Combien d’heures avec une paire ?

CL: Ce n’est pas en heure que je compte avec une paire, mais en km. En les poussant au maximum je fais 1200 km sinon j’essaie de les changer tous les 800 km.

ET: Combien de paires utilises tu sur l’UTMB ? 

CL: En général sur des grandes courses comme l’UTMB, j’essaie au moins de changer une fois de basket. En faisant cela, on a l’impression de partir sur une nouvelle course.

ET: Quelles chaussures sur la route ?

CL: Avant je n’utilisais que des Mizuno. Maintenant que Hoka a fait la Bondi B, j’utilise celle ci.

ET: Accordes tu de l’importance au  poids des chaussures ?

CL: Avant oui, je cherchais la chaussure la plus légère, car je courrais des distances plus courtes. Maintenant que je suis sur de l’ultra trail, je privilégie la solidité, l’accroche, la stabilité et l’amorti.

ET: Utilises tu des protos ? 

CL: Oui, j utilise des protos afin de travailler dessus, pour y apporter des améliorations, avant que la chaussure soit définitivement commercialisée. La dernière paire que j’ai eu, était la Stinson Evo de chez Hoka, que j’ai reçu la veille de l’UTMB et qui avait une taille et demi de trop pour moi, j’ai du ajouter une deuxième semelle. J’ai couru la CCC avec le lendemain, et j’ai terminé 5 ème.

ET: Et que penses tu de l’utilisation des bâtons ?

CL: Avec mon petit gabarit je n’en ai pas l’utilité. De plus, je monte quasiment tout en courant, avec de très petites foulées. Mais ça peut être intéressant pour de plus grands gabarits.

ET: Quelle est ta fréquence cardiaque en course ?

CL: Je n’utilise jamais de cardio,  je fais tout à la sensation. Souvent lorsque je suis en course,  je sais  que le weekend end suivant je serai sur une autre compétition, peut être encore plus dure, et je baisse alors le rythme.

ET: Et pour ce qui est de l’hydratation et de l’alimentation ?

CL: Je ne bois quasiment que de l’eau, très très peu de produits énergétiques. Je privilégie toujours le naturel. Par exemple, pour absorber suffisamment de sel,  je mange des petits saucissons en boule.

ET: Quels sont tes objectifs pour 2012 ?

CL: Le TTN, le Marathon des Sables, la CCC et la Thore des géants.

ET: As tu une planification annuelle pour tes entrainements ?

CL: Pas du tout.  Je ne m’arrête jamais, même après les grande épreuves je continue à m’entrainer. Ski rando, course, et pas mal de vélo (300 km/ semaine) qui est moins traumatisant.

ET: Peux tu nous donner un exemple d’une séance d’entrainement ?

CL: J’aime bien partir pendant 4 ou 5 heures en montagne, avec seulement une gourde d’eau que je remplis dans les ruisseaux.

ET: Ca représente combien d’heures par semaine ?

CL: Entre 15 et 30 heures

ET: Y a t il quelque chose que tu ne fais pas qui pourrait te faire progresser ?

CL: HA ! Oui je crois! Si je faisais un petit peu moins la fête avec mes potes, et que je soignais ma nutrition ce serait un peu mieux…

ET: Quel est selon toi l’erreur la plus courante chez un trailer amateur ?

CL: De sous estimer les épreuves. De se lancer sur des distances pour lesquelles ils ne sont pas prêts. Il y a une longue progression à respecter. Il faut d’abord bien assimiler des 30kms puis des 50 et des 100 bornes et plus avant de se lancer sur un ultra de 160 ou plus.  Ne pas griller les étapes, et penser à bien s’hydrater et se ravitailler avec des produits naturels.

ET: Globalement es tu satisfait du matériel aujourd’hui ?

CL: Oui, le fait que des gars comme Seb (Chaigneau), ou moi même, travaillent au développement en collaboration avec des ingénieurs, fait vraiment évoluer les choses dans le bon sens.

ET: Qu’aimerais tu apporter comme amélioration dans le monde du trail ?

CL: J’aimerais que l’on retrouve un peu d’authenticité dans le trail. Que l’on revienne à un esprit plus rustique comme sur la Thore des Géants. Les ravitaillements, par exemple, ont aujourd’hui un coté formule 1, avec beaucoup de moyens engagés par les teams. A l’Eco Trail par exemple, devant, nous n’étions que deux à nous arrêter pour nous ravitailler par nos propres moyens. Les autres traversaient la tente sans s’arrêter. Leur assistance se chargeant de remplacer leur sac !

ET: Pour terminer pourrais tu donner trois conseils à un trailer ambitieux ?

CL: Surtout de ne pas stresser, ça bouffe énormément d’énergie. Ensuite, de ne pas systématiquement prendre des gels et  des produits énergétiques, mais plutôt une alimentation naturelle et salée, et de boire beaucoup d’eau.

ET: Christophe, merci pour ta disponibilité et tes précieux conseils. Il me reste à te souhaiter bonne chance pour le Marathon des Sables dans quelques jours, nous ne manquerons pas de te suivre sur le net.

 » je ne me repose jamais »

À propos de Expertrail

Coach Sportif & Ultra-runner

Publié le mars 30, 2012, dans Interview, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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